L’intelligence artificielle est omniprésente dans les discours technologiques.
Mais dans la réalité des organisations, elle reste souvent périphérique : outils isolés, usages ponctuels, expérimentations sans véritable transformation structurelle.
Dans l’écosystème Atlassian, une évolution plus profonde est en cours.
L’IA ne se présente plus comme un module à part.
Elle s’intègre progressivement au cœur du travail quotidien.
Pour Laurent Sallard, expert Atlassian chez Dropteam, le sujet n’est pas de savoir si l’IA est performante, mais si l’organisation est prête à en exploiter le potentiel.
Une IA intégrée dans Jira et Confluence
L’IA intégrée dans la plateforme Atlassian permet désormais :
- la génération et la reformulation de contenus,
- la synthèse de pages ou de réunions,
- l’assistance à la priorisation,
- l’automatisation intelligente de workflows,
- l’amélioration des processus ITSM.
Ces fonctionnalités deviennent naturelles dans les outils utilisés au quotidien.
Mais l’évolution la plus structurante concerne Rovo.
Rovo : une IA ancrée dans la structuration du travail
Ce qui différencie Rovo d’une IA externe générique n’est pas uniquement son intégration technique. C’est le fait qu’il s’appuie sur un environnement où le travail est déjà organisé et relié.
Dans la plateforme Atlassian, le travail n’est pas une accumulation de documents.
Il est structuré autour :
- d’objectifs stratégiques,
- de projets alignés sur ces objectifs,
- d’initiatives transformées en actions,
- de responsabilités clairement identifiées,
- de décisions formalisées,
- d’un historique traçable des contributions.
Chaque élément est connecté : équipes, livrables, incidents, validations, déploiements.
Cette organisation permet à l’IA de produire des réponses contextualisées, cohérentes et exploitables.
Cas concret : la synthèse managériale
Prenons un exemple simple.
Un manager demande : « Quels sont les trois principaux accomplissements réalisés par mon équipe cette semaine ? »
Sans structuration préalable, une IA externe produira un résumé générique.
Dans un environnement organisé, l’IA peut relier :
- un incident critique résolu,
- une décision structurante prise en cours de projet,
- un déploiement en production,
- des indicateurs d’amélioration mesurables.
La réponse devient une lecture consolidée du travail réalisé.
Ce n’est plus un simple décompte d’activités. C’est une synthèse orientée impact.
Une vision transverse grâce aux outils connectés
Autre évolution notable : la capacité à exploiter des outils tiers.
Lorsque l’environnement est connecté à un CRM ou à d’autres systèmes métiers, l’IA peut relier :
- une demande client,
- un projet lancé en réponse,
- une livraison effectuée,
- et son impact business.
L’IA dépasse alors le cadre opérationnel pour devenir un outil d’analyse transverse.
Automatisation : accélération ou complexification ?
L’automatisation progresse fortement dans Jira et Jira Service Management.
Les organisations peuvent :
- déclencher des actions multi-étapes,
- enrichir automatiquement les tickets,
- structurer les flux de traitement.
Mais sans gouvernance claire, l’automatisation peut générer de la complexité et de la dette organisationnelle.
La maturité ne se mesure pas au nombre de règles automatisées, mais à leur cohérence.
Gouvernance : le facteur déterminant
Plus l’IA est intégrée, plus la qualité de la structuration devient critique.
Structuration des projets, qualité des données, cohérence des workflows, gestion des accès :
- si ces éléments sont faibles, l’IA amplifie les incohérences.
- Si ces éléments sont maîtrisés, l’IA devient un levier de performance.
L’intelligence artificielle ne corrige pas une organisation désorganisée.
Elle en révèle les forces et les faiblesses.
Une transformation organisationnelle avant tout
En 2026, l’enjeu Atlassian + IA dépasse largement la dimension technologique.
Il concerne :
- l’alignement entre stratégie et exécution,
- la lisibilité des processus,
- la qualité des données,
- la capacité à relier collaboration et performance.
Pour Laurent Sallard, l’IA est un accélérateur.
Mais elle ne remplace ni la réflexion organisationnelle ni la gouvernance.